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Étiquette : plaisir

« La prostitution » au spectacle des vanités

Ce texte a été écrit un mois avant qu’une chercheuse, dont j’accompagne les travaux, prenne part à un débat organisé à Namur par les Femmes prévoyantes socialistes, le 31 août 2014. Les diverses réactions suite à ce débat me mènent à croire que ce texte est d’une certaine actualité, raison pour laquelle je le publie aujourd’hui. C’est systématique : dès que…

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La pornographie comme objet de recherche

Comme le souligne Laurence Rosier dans une Chronique de l’Irrégulière particulièrement jouissive (sob) et portant sur le Sexting, les débats sur la pornographie et son/ses discours sont à la mode dans les milieux académiques. Comme de nombreux sujets soudains « de bon ton », ils voient déferler une kyrielle de spécialistes autoproclamés qui s’emparent du sujet en tentant, à l’occasion de billets brillants, d’obombrer complètement les travaux de celles et ceux qui les ont – de loin – précédés 1.

Souvent, ces travaux nouveaux se focalisent sur l’effet de la pornographie, revenant au bon vieux débat : « est-elle nuisible2 ? » En fonction de leur obédience politique3 les auteurs s’interrogent : la pornographie participe-t-elle de l’assujettissement de la femme, de la déliquescence morale des jeunes, de l’hyper-sexualisation des adolescents ?

Un point commun à ces questionnements : dans cette matière comme dans tant d’autres, les experts décontextualisent (en se consacrant au « porno » comme s’il s’agissait d’un objet d’étude indépendant et unique et à son étude comme s’il s’agissait d’un champ unifié) tout en adoptant la posture « méta » : peu visionnent effectivement les films qu’il s’agit d’analyser, peu lisent les scénarii dont il s’agit d’étudier l’effet performatif. Aucun ne propose une typologie, rares sont les critiques approfondies de corpus. Continuer La pornographie comme objet de recherche

  1. Rappelons par exemple les travaux de Judith Butler sur le thème, qui datent des années 90.
  2. La question se restreint parfois à questionner l’existence d’un effet – voir http://penseedudiscours.hypotheses.org/6729.
  3. Non-assumée et non-explicite, car la plupart des commentateurs-experts contribuent au mythe du savant neutre et objectif.
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Du plagiat étudiant dans la nouvelle université capitaliste

Avertissement : ce billet s’inspire librement du « Mode d’emploi du détournement » de Debord et Wolman. Cependant, le conformisme à l’académisme scholastique imposé par mon statut m’a poussé à citer quelques-uns des scientifiques qui pourraient, le cas échéant, n’apprécier que très modérément de voir leurs propos délibérément plagiés.

Les étudiants plagient : telle est la certitude de nombre de professeurs et chercheurs, bref, d’universitaires chargés « d’encadrer » les étudiants. Il s’agirait là d’une tendance dont l’ampleur est, d’après plusieurs collègues, supposément au moins aussi importante que celle du phénomène des « étudiants touristes », voire plus dramatique encore. Les travaux de sociologues et économistes américains, experts du phénomène, « estiment entre un quart et un tiers la proportion d’étudiants ayant produit un travail reprenant quelques phrases sur Internet sans en fournir la source1. » Nous ne perdrons pas ici de temps à démonter la méthodologie des travaux en question, tel n’est pas notre propos. Cependant, il est un élément que nous devons souligner : il n’existe aucune définition claire de ce qu’est le plagiat et donc de manière univoque de déterminer ce qu’est un « plagieur ».

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  1. Guibert Pascal et Michaut Christophe, Le plagiat étudiant, in Éducation et sociétés, 2011, 28 (2), pp. 149-163.
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De la crédibilité et de la militance joyeuse

A l’occasion de chaque grève, chaque blocage, chaque action d’une composante du mouvement social, les échanges sur le caractère « crédible » d’une revendication ou d’un mode d’action sont légions. « Ces étudiants qui bloquent un auditoire à cinq en hurlant ‘privatisation piège à cons’ ne sont pas crédibles », m’affirmait récemment un collègue arborant une mine grave, usant pour asséner son jugement du ton docte du chercheur-expert-spécialiste, celui ‘qui sait’. En effet, pour le chercheur-expert-spécialiste, un slogan de cet ordre scandé par une poignée de militants est vu comme nécessairement simpliste, démago, populiste et, plus atroce encore, il « manque de sérieux… ». Et le chercheur-expert-spécialiste de conclure, avec toute l’assurance que son statut implique : « à mon avis, bloquer un bâtiment, pour eux, c’est un jeu, un amusement. »

Par ce verdict, mon éminent collègue entend balayer d’un revers de la main toutes les revendications de ces étudiants, toutes les interrogations que pourraient susciter leur action : infantilisant au passage les étudiants-militants, il les disqualifie tout simplement en arguant de leur plaisir affiché à mener une action.
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