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Étiquette : organisation

De l’idéologue à l’idéolâtre

J’ai déjà décrit sur ce blog les mécanismes de diffusion de l’idéologie néolibérale au sein des institutions d’enseignement supérieur comme une forme spécifique de « production/circulation » d’un « discours d’importance », suivant un schéma théorisé par Bourdieu. Reprenons-le rapidement1 : l’idée centrale en est que le discours idéologique se « transfère » de champs en champs (par exemple, de l’entreprise à l’université, de l’université à l’entreprise,…

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Gouvernance et renoncement

À la suite d’un débat1 organisé par le cercle du Libre examen de l’Université libre de Bruxelles et par un très grand nombre de cercles et associations étudiantes portant sur la réforme de la gouvernance institutionnelle de l’ULB, il m’a semblé utile de revenir sur quelques notions qui ont émaillé les discours des acteurs en présence. En effet, une partie…

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Contrôle, performances et gouvernance

On ne manque pas aujourd’hui de ressources critiquant le modèle de nouvelle gouvernance dérivé du management des années 80, que ce soit dans une optique plutôt appliquée, centrée sur les individus1 ou dans une optique plus théorique, autour des systèmes d’idées2 ou des modes de régulation des comportements3.

Pourtant, force est de constater que certains poncifs, certaines « grandes recettes magiques » censées augmenter la « performance des organisations » continuent à être appliquées très largement dans un secteur public en cours d’effritement, causant fréquemment d’importants dysfonctionnements structurels. Dans ce contexte, rappeler quelques évidences n’est pas forcément inutile.

1. L’origine du mal : le paradigme individualiste

Généralement, les dysfonctionnements d’une administration ne sont pas liés aux performances individuelles mais aux procédures et à la multiplication des niveaux de « légitimation » d’une décision, que ce soit par l’obligation « règlementaire » d’obtenir l’approbation d’une large hiérarchie formelle ou par l’existence d’un régime de normalisation liée à une hiérarchie « mixte » (formelle et informelle) – par exemple, il n’est pas formellement nécessaire d’avoir l’accord d’un expert mais vu la reconnaissance de son expertise dans l’organisation, son influence permet une plus grande légitimation de la décision et en pratique, tout le monde le consulte. De plus, la multiplication des intervenants de même niveau hiérarchique vers le « sommet » d’une organisation administrative pyramidale « traditionnelle » augmente les risques de divergences liées non plus à l’objet de décision mais à des enjeux généraux de pouvoir (lutte entre deux services).

  1. Voir par exemple, Vincent de Gaulejac, Travail, les raisons de la colère, Paris, Seuil, 2011 ; Vincent de Gaulejac & Nicole Aubert, Le Coût de l’excellence, Paris, Seuil, 1991.
  2. Luc Boltanski & Eve Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999
  3. Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris, La Découverte, 2012
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