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Étiquette : nouvelle gestion publique

Gouvernance et renoncement

À la suite d’un débat1 organisé par le cercle du Libre examen de l’Université libre de Bruxelles et par un très grand nombre de cercles et associations étudiantes portant sur la réforme de la gouvernance institutionnelle de l’ULB, il m’a semblé utile de revenir sur quelques notions qui ont émaillé les discours des acteurs en présence. En effet, une partie…

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Contrôle, performances et gouvernance

On ne manque pas aujourd’hui de ressources critiquant le modèle de nouvelle gouvernance dérivé du management des années 80, que ce soit dans une optique plutôt appliquée, centrée sur les individus1 ou dans une optique plus théorique, autour des systèmes d’idées2 ou des modes de régulation des comportements3.

Pourtant, force est de constater que certains poncifs, certaines « grandes recettes magiques » censées augmenter la « performance des organisations » continuent à être appliquées très largement dans un secteur public en cours d’effritement, causant fréquemment d’importants dysfonctionnements structurels. Dans ce contexte, rappeler quelques évidences n’est pas forcément inutile.

1. L’origine du mal : le paradigme individualiste

Généralement, les dysfonctionnements d’une administration ne sont pas liés aux performances individuelles mais aux procédures et à la multiplication des niveaux de « légitimation » d’une décision, que ce soit par l’obligation « règlementaire » d’obtenir l’approbation d’une large hiérarchie formelle ou par l’existence d’un régime de normalisation liée à une hiérarchie « mixte » (formelle et informelle) – par exemple, il n’est pas formellement nécessaire d’avoir l’accord d’un expert mais vu la reconnaissance de son expertise dans l’organisation, son influence permet une plus grande légitimation de la décision et en pratique, tout le monde le consulte. De plus, la multiplication des intervenants de même niveau hiérarchique vers le « sommet » d’une organisation administrative pyramidale « traditionnelle » augmente les risques de divergences liées non plus à l’objet de décision mais à des enjeux généraux de pouvoir (lutte entre deux services).

  1. Voir par exemple, Vincent de Gaulejac, Travail, les raisons de la colère, Paris, Seuil, 2011 ; Vincent de Gaulejac & Nicole Aubert, Le Coût de l’excellence, Paris, Seuil, 1991.
  2. Luc Boltanski & Eve Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999
  3. Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris, La Découverte, 2012
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Ce qui se conçoit bien… (1)

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » – cette formule de Boileau, tirée de l’Art poétique (1674), est des plus populaires : résumant au travers d’une phrase décontextualisée l’injonction à la clarté, elle possède ce double avantage de légitimer le discours dominant et les mécanismes de domination dont il est vecteur. Pourquoi, en effet, une réalité complexe devrait-elle se décrire clairement ? Comment l’analyse d’un fait social pourrait-elle se résumer en mots « simples » sans tomber dans une caricature qui ampute les possibilités de compréhension voire dénature profondément le fait social qu’il s’agit d’analyser ?

Cette injonction à la clarté a comme corollaire celle de l’immédiateté, de la fulgurance dans la réplique : lors d’un débat, celui qui s’exprimera le plus vite et par quelques simplismes remportera la victoire. La rhétorique de la clarté ouvre la voie de toutes les simplifications abusives, de tous les raccourcis triviaux. Le rythme effréné des médias a formaté les discours politiques et ce faisant, poussé les « experts » à développer le même type de communication1. Et comme les experts sont ceux des scientifiques qui « montent », les effets de mode ayant été largement renforcés par les techniques d’évaluation – et donc de promotion – qui valorisent la quantité de textes produits, les chercheurs eux-mêmes en viennent à intégrer ces codes.

  1. Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Liber-Raisons d’agir, 1996.
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