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Étiquette : idéologie dominante

Sur l’anticommun : néolibéralisme et charité

Le charity business a la cote. Peut-on pour autant considérer qu’il constitue une alternative crédible au transfert de fonds public ? Comment l’idée d’une substitution des financements publics par des dons et autres actions de mécénat est-elle inscrite et justifiée dans la théorie néolibérale ? Ces deux questions fondent la présente analyse publiée par le Collectif formation société (et disponible en pdf…

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Agiter ses chaînes, comme des bijoux

Cet article est initialement paru sur le blog e-Mois de la Revue nouvelle. Dans la foulée des attentats parisiens et des « événements » bruxellois, nombre d’intellectuels sont intervenus dans le débat public pour offrir des « décryptages », des « décodages sur le vif » et autres analyses « instantanées » de l’actualité. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont proposé un éclairage pour le moins « en…

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Radicalisation, le retour

La notion de « radicalisation » est de ces notions-écrans qui permettent de laisser accroire qu’on peut « réguler » un phénomène social interpellant – puisqu’on a un « label » à apposer sous-tendant une forme de « modélisation » du phénomène, on peut alors « prendre les mesures ad hoc ». Construite par les consultants en sécurité et récupérée ensuite par quelques universitaires, cette notion est au mieux floue…

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Lire cet article expose à un risque de radicalisation

Ce billet est initialement paru en mars sur le blog e-Mois de la Revue nouvelle. Une version abrégée a également été publiée comme éditorial du N°3 de la Revue en avril 2015. À la suite des attentats de Bruxelles, Paris et Copenhague, de l’opération policière verviétoise, des départs vers la Syrie de « jeunes candidats au djihad » paraît-il nombreux1, le débat…

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Que signifie la journée internationale des étudiants ?

17 novembre 2014 : le Soir publie une interview dont le chapeau indique : Dix-sept novembre 1941, des milliers d’étudiants étaient dans les rues de Prague pour s’opposer au régime nazi…Dix-sept novembre 2014 – alors que la date est devenue Journée internationale des étudiants – des milliers de jeunes seront dans les rues de huit villes du pays. Misère du…

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De l’idéologue à l’idéolâtre

J’ai déjà décrit sur ce blog les mécanismes de diffusion de l’idéologie néolibérale au sein des institutions d’enseignement supérieur comme une forme spécifique de « production/circulation » d’un « discours d’importance », suivant un schéma théorisé par Bourdieu. Reprenons-le rapidement1 : l’idée centrale en est que le discours idéologique se « transfère » de champs en champs (par exemple, de l’entreprise à l’université, de l’université à l’entreprise,…

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Langue nationale et noblesse d’état (2)

Dans la première partie de cet article, nous avons vu quel était le sens de l’établissement d’une Académie chargée de définir la langue d’État en France, sens qu’il faut trouver dans deux missions « orthopédiques » : le « dressage » du langage pour susciter une unité nationale et le contrôle de la création littéraire pour éviter la contestation. Nous avons évoqué cette fameuse…

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Alain Destexhe et la fabrique de l’opinion

Tout a commencé par un billet d’Alain Destexhe, député MR de son état, adressé à Bernard De Vos, Délégué Général aux Droits de l’Enfant : dans ce billet – relayé par la Libre Belgique sans que celle-ci ne s’interroge sur la compatibilité de ce billet avec sa ligne éditoriale, le député utilise préférentiellement le terme « tsigane » au terme « rom1 » (à la manière de Pierre Vial, « théoricien » d’extrême droite français) et enchaîne avec des considérations sur la responsabilité des roms dans leur situation pour in fine asséner l’assertion suivante qui ne manquera pas de faire sourire les plus psychologues d’entre les lecteurs : « Que des enfants dorment dans la rue à Bruxelles à l’été 2013, je trouve cela déplorable, mais je ne “culpabilise” pas pour autant. » Toute l’argumentation de ce billet du député articule une série de « vérités » discutables et des stéréotypes afin de délivrer un message attaquant avec virulence l’action d’une institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En soi et usuellement, il me semble absolument inutile de commenter largement ce type de propos vu que cela ne fait qu’augmenter leur propagation. Mais je rejoins le journaliste-blogueur Marcel Sel lorsqu’il indique que de tels propos ne peuvent, en même temps, se passer de commentaires2.

En effet, Alain Destexhe n’est pas un député membre d’un parti d’extrême-droite : il se proclame « libéral », et est membre du Mouvement Réformateur (MR), à côté de personnalités telles que Richard Miller ou Françoise Bertieaux. Si je cite ces deux exemples, c’est qu’il s’agit de personnalités qui théorisent fortement le cadre de leur action, qui explicitent les piliers idéologiques qui sous-tendent leur activité parlementaire, n’hésitant pas à citer des références théoriques précises. Le débat politique avec eux prend souvent la tournure de débat d’idées – bien que même dans ce cadre, comme le dit Bourdieu, le débat politique revienne fréquemment à faire du « méta » sur du « méta ».

Mais quel est le fondement idéologique de M. Destexhe ? Dans quelle mesure ces piliers s’articulent-ils en un tout cohérent qui pourrait expliquer le succès électoral de ce député supposément pourfendeur du « politiquement correct », si prompt à dénoncer « les bobos » et les « bien pensants » ?

Dans ce texte, je m’emploie à une première analyse  systématique du discours d’Alain Destexhe, fondée sur les publications de son blog. Je propose, dans une première partie, une approche plus quantitative permettant de mieux appréhender les thèmes et associations les plus courants dans sa littérature. Dans une seconde partie, je montre quelques effets de rhétoriques utilisés par le député MR qui impliquent une certaine difficulté à « labelliser » clairement son positionnement politique. Dans la troisième partie, j’en viens à quelques références théoriques qui sont spécifiques à une certaine classe thématique décrite quelque peu dans la première partie. Enfin, et pour conclure, j’avance quelques hypothèses sur le positionnement et le succès d’Alain Destexhe.

  1. Qui est le terme choisi par les roms pour se désigner eux-mêmes.
  2. http://blog.marcelsel.com/archive/2013/07/18/destexhe-ou-l-imposture-2971932.html
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Ce qui se conçoit bien… (2)

Dans la première partie, nous avons évoqué les mécanismes de diffusion (et d’institution) du discours d’expert au travers des effets d’homologie, qui nécessite ce que j’appelle des « zones d’adhérence », c’est-à-dire la possibilité de recycler d’anciens mythes au travers d’un discours prétendument novateur.

Par exemple, le discours clair de la nouvelle gestion publique opère donc parce qu’il cause des ralliements conscients et inconscients, causés par son adéquation fondamentale avec la structure des rapports de domination qui lui préexiste. Mais s’il s’impose de la sorte, c’est qu’il est également paré d’une apparence de rationalité.

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Repenser l’université pour lutter contre la marchandisation universitaire

Lorsqu’il s’agit de discuter la manière dont doit être menée la lutte au sein des universités pour résister à l’évolution marchande qu’elles subissent, le « refus de l’excellence » devient leitmotiv1. Voilà donc l’ennemi nommé : l’excellence. Mais contrairement aux démons qu’il suffit de désigner par leur vrai nom pour qu’ils quittent les hôtes qu’ils possèdent, l’évocation du mot « excellence » n’a en l’occurrence aucun effet pour contrer la marchandisation universitaire…

  1. Ce texte fait suite à la demande d’un camarade de rendre publics quelques arguments échangés avec lui. Il ne reprend cependant que quelques éléments d’un texte bien plus complet, à paraître fin novembre.
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Participation citoyenne et violence symbolique

Ce petit article fait suite à ma participation à un débat qui s’est tenu le 4 avril 2012 dans le cadre de l’université de printemps de l’École de Santé publique de l’ULB. Il s’agissait en l’occurrence de discuter de la participation citoyenne et d’une initiative en particulier… J’y ai cependant ajouté quelques exemples et intégré quelques éléments complémentaires de réflexion, afin essentiellement de clarifier mon propos.

Il est impossible, et il serait intellectuellement malhonnête, de prétendre analyser un projet participatif sur base d’un seul exposé. S’il me fallait agir en scientifique, je prendrais le temps d’interviewer chacun des participants, chacun des organisateurs, chacun des bailleurs de fonds. Je confronterais ces points de vue, je comparerais les objectifs, les attentes et l’évaluation de chacune de ces catégories d’acteurs. Tel n’est pas l’objet de l’analyse que je propose aujourd’hui et j’invite dès lors chacune et chacun à en fournir une critique acerbe.

Le titre du débat est « Participation : pot de terre et le pot de fer ? ». En effet, dès que l’on parle de participation, se pose la question des rapports de forces politiques. Mais au-delà de cette dimension évidente, ce sont véritablement les rapports sociaux et les enjeux de domination dont ils sont porteurs qui dans ce contexte se voient revêtir d’une importance particulière. En la matière, les initiatives se réclamant de la participation citoyenne méritent un examen attentif : permettent-elles de mieux dévoiler ces rapports de domination, permettent-elles parce qu’elles décodent les mythes socialement inculqués, d’appréhender les « règles du jeu » qui font que la position sociale de chacun est révélée jusque dans ses habitudes alimentaires ?

Je voudrais insister sur cette dimension des habitudes alimentaires, puisque le projet qu’il s’agit de commenter a permis à une vingtaine de femmes issues de l’immigration et en cours d’alphabétisation d’une part de développer des recettes et d’autre part d’en faire un livre, avec l’aide de nutritionnistes et d’autres types d’encadrants.

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Pourquoi un blog ?

Il y a de cela près de 2 ans, je fermais définitivement un blog personnel et me jurais que jamais, plus jamais, on ne m’y reprendrait. Mon constat était en effet plutôt amer : outre un bilan sous forme d’autocritique qui me fit me rendre compte de la pauvreté de certains contenus que j’avais mis en ligne, je dus aussi constater mon incapacité à trouver encore un intérêt à l’exercice.

Derrière le caractère fondamentalement exhibitionniste de ce genre d’outils de publication, il y a dans l’usage du blog une forme exacerbée de fascination pour soi-même, de narcissisme outrancier : ce que je pense me semble tellement intéressant que je dois en faire part à la terre entière. Plus encore, le format et l’habituation à « l’écriture web » poussent à la brièveté et donc à l’autocaricature de cette pensée dont l’auteur la croit à ce point digne d’intérêt qu’il se sent habilité à en faire étalage urbi et orbi.

Le web regorge donc de ce fast-thinking, cette pensée préformatée, réductionniste et exprimée avec le ton impérieux des statuts facebook et autres tweets. La brièveté du propos – et bien sûr, lesdits tweets sont en la matière des exemples paradigmatiques – va de pair avec le fait de surfer sur les codes dominants, de procéder par des assimilations parfaitement inculquées par l’idéologie dominante – par exemple, communiste-conservateur, marxisme-productivisme, science-progrès, écologie-environnement, virilité-bon politique…

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