Skip to content

Étiquette : experts

Langue nationale et noblesse d’état (1)

L’entrée d’Alain Finkielkraut à l’Académie française n’en finit plus de faire couler l’encre de ses opposants. Certains y voient une rupture dans la tradition de l’Académie, rappelant qui Marguerite Yourcenar, qui Amin Maalouf à la rescousse d’un prétendu progressisme de cette Institution, « menacé » par la promotion de M. Finkielkraut au rang « d’immortel ». Il n’est pas inintéressant de se poser la…

Continuer Langue nationale et noblesse d’état (1)

2 Comments

Contrôle, performances et gouvernance

On ne manque pas aujourd’hui de ressources critiquant le modèle de nouvelle gouvernance dérivé du management des années 80, que ce soit dans une optique plutôt appliquée, centrée sur les individus1 ou dans une optique plus théorique, autour des systèmes d’idées2 ou des modes de régulation des comportements3.

Pourtant, force est de constater que certains poncifs, certaines « grandes recettes magiques » censées augmenter la « performance des organisations » continuent à être appliquées très largement dans un secteur public en cours d’effritement, causant fréquemment d’importants dysfonctionnements structurels. Dans ce contexte, rappeler quelques évidences n’est pas forcément inutile.

1. L’origine du mal : le paradigme individualiste

Généralement, les dysfonctionnements d’une administration ne sont pas liés aux performances individuelles mais aux procédures et à la multiplication des niveaux de « légitimation » d’une décision, que ce soit par l’obligation « règlementaire » d’obtenir l’approbation d’une large hiérarchie formelle ou par l’existence d’un régime de normalisation liée à une hiérarchie « mixte » (formelle et informelle) – par exemple, il n’est pas formellement nécessaire d’avoir l’accord d’un expert mais vu la reconnaissance de son expertise dans l’organisation, son influence permet une plus grande légitimation de la décision et en pratique, tout le monde le consulte. De plus, la multiplication des intervenants de même niveau hiérarchique vers le « sommet » d’une organisation administrative pyramidale « traditionnelle » augmente les risques de divergences liées non plus à l’objet de décision mais à des enjeux généraux de pouvoir (lutte entre deux services).

Continuer Contrôle, performances et gouvernance

  1. Voir par exemple, Vincent de Gaulejac, Travail, les raisons de la colère, Paris, Seuil, 2011 ; Vincent de Gaulejac & Nicole Aubert, Le Coût de l’excellence, Paris, Seuil, 1991.
  2. Luc Boltanski & Eve Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999
  3. Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris, La Découverte, 2012
2 Comments

Billet de fin du monde

La peur de la fin du monde, l’angoisse ancestrale de la catastrophe ultime, frappe une nouvelle fois : le calendrier maya se terminerait supposément le 21 décembre 2012 et voilà qu’un vent de panique souffle. Les réseaux sociaux débordent de références diverses au cataclysme, les médias commentent depuis plusieurs mois l’hypothèse d’un impact de météorites mettant fin à la « vie (humaine) sur terre », proposent des reportages saisissants sur le business des abris anti-atomiques et autres dispositifs supposés permettre une survie post-apocalyptique… La NASA, débordée d’appels et de mails, a décidé de produire une vidéo intitulée Why the World Didn’t End Yesterday qui explique le principe d’un calendrier cyclique et conclut à l’inanité des prévisions de fin du monde basées sur une lecture erronée et anachronique du calendrier maya. Toute cette agitation semble donc dérisoire et les nombreux scientistes de par le monde scientifique de conclure par des commentaires cyniques rappelant la bêtise des masses : comme l’aurait dit Einstein1, « Only two things are infinite, the universe and human stupidity, and I’m not sure about the former. » Continuer Billet de fin du monde

  1. Ce que ces éminents collègues semblent au passage oublier, c’est de vérifier leurs sources : cette citation est attribuée à Einstein par Frederick « Fritz » Perls — psychiatre concepteur d’une psychothérapie proche de la Gestalt. Or la formule initiale tirée d’un bouquin publié au début des années 1940, ne cite pas directement Einstein : ce n’est qu’au fur de livres postérieurs que Perls a mis ces mots dans la bouche du physicien. Voir ici pour plus d’infos : http://quoteinvestigator.com/2010/05/04/universe-einstein/.
Leave a Comment


Konami Easter Egg by Adrian3.com