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Mauvaises graines Posts

Repenser l’université pour lutter contre la marchandisation universitaire

Lorsqu’il s’agit de discuter la manière dont doit être menée la lutte au sein des universités pour résister à l’évolution marchande qu’elles subissent, le « refus de l’excellence » devient leitmotiv1. Voilà donc l’ennemi nommé : l’excellence. Mais contrairement aux démons qu’il suffit de désigner par leur vrai nom pour qu’ils quittent les hôtes qu’ils possèdent, l’évocation du mot « excellence » n’a en l’occurrence aucun effet pour contrer la marchandisation universitaire… Continuer Repenser l’université pour lutter contre la marchandisation universitaire

  1. Ce texte fait suite à la demande d’un camarade de rendre publics quelques arguments échangés avec lui. Il ne reprend cependant que quelques éléments d’un texte bien plus complet, à paraître fin novembre.
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Du plagiat étudiant dans la nouvelle université capitaliste

Avertissement : ce billet s’inspire librement du « Mode d’emploi du détournement » de Debord et Wolman. Cependant, le conformisme à l’académisme scholastique imposé par mon statut m’a poussé à citer quelques-uns des scientifiques qui pourraient, le cas échéant, n’apprécier que très modérément de voir leurs propos délibérément plagiés.

Les étudiants plagient : telle est la certitude de nombre de professeurs et chercheurs, bref, d’universitaires chargés « d’encadrer » les étudiants. Il s’agirait là d’une tendance dont l’ampleur est, d’après plusieurs collègues, supposément au moins aussi importante que celle du phénomène des « étudiants touristes », voire plus dramatique encore. Les travaux de sociologues et économistes américains, experts du phénomène, « estiment entre un quart et un tiers la proportion d’étudiants ayant produit un travail reprenant quelques phrases sur Internet sans en fournir la source1. » Nous ne perdrons pas ici de temps à démonter la méthodologie des travaux en question, tel n’est pas notre propos. Cependant, il est un élément que nous devons souligner : il n’existe aucune définition claire de ce qu’est le plagiat et donc de manière univoque de déterminer ce qu’est un « plagieur ».

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  1. Guibert Pascal et Michaut Christophe, Le plagiat étudiant, in Éducation et sociétés, 2011, 28 (2), pp. 149-163.
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De la crédibilité et de la militance joyeuse

A l’occasion de chaque grève, chaque blocage, chaque action d’une composante du mouvement social, les échanges sur le caractère « crédible » d’une revendication ou d’un mode d’action sont légions. « Ces étudiants qui bloquent un auditoire à cinq en hurlant ‘privatisation piège à cons’ ne sont pas crédibles », m’affirmait récemment un collègue arborant une mine grave, usant pour asséner son jugement du ton docte du chercheur-expert-spécialiste, celui ‘qui sait’. En effet, pour le chercheur-expert-spécialiste, un slogan de cet ordre scandé par une poignée de militants est vu comme nécessairement simpliste, démago, populiste et, plus atroce encore, il « manque de sérieux… ». Et le chercheur-expert-spécialiste de conclure, avec toute l’assurance que son statut implique : « à mon avis, bloquer un bâtiment, pour eux, c’est un jeu, un amusement. »

Par ce verdict, mon éminent collègue entend balayer d’un revers de la main toutes les revendications de ces étudiants, toutes les interrogations que pourraient susciter leur action : infantilisant au passage les étudiants-militants, il les disqualifie tout simplement en arguant de leur plaisir affiché à mener une action.
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Participation citoyenne et violence symbolique

Ce petit article fait suite à ma participation à un débat qui s’est tenu le 4 avril 2012 dans le cadre de l’université de printemps de l’École de Santé publique de l’ULB. Il s’agissait en l’occurrence de discuter de la participation citoyenne et d’une initiative en particulier… J’y ai cependant ajouté quelques exemples et intégré quelques éléments complémentaires de réflexion, afin essentiellement de clarifier mon propos.

Il est impossible, et il serait intellectuellement malhonnête, de prétendre analyser un projet participatif sur base d’un seul exposé. S’il me fallait agir en scientifique, je prendrais le temps d’interviewer chacun des participants, chacun des organisateurs, chacun des bailleurs de fonds. Je confronterais ces points de vue, je comparerais les objectifs, les attentes et l’évaluation de chacune de ces catégories d’acteurs. Tel n’est pas l’objet de l’analyse que je propose aujourd’hui et j’invite dès lors chacune et chacun à en fournir une critique acerbe.

Le titre du débat est « Participation : pot de terre et le pot de fer ? ». En effet, dès que l’on parle de participation, se pose la question des rapports de forces politiques. Mais au-delà de cette dimension évidente, ce sont véritablement les rapports sociaux et les enjeux de domination dont ils sont porteurs qui dans ce contexte se voient revêtir d’une importance particulière. En la matière, les initiatives se réclamant de la participation citoyenne méritent un examen attentif : permettent-elles de mieux dévoiler ces rapports de domination, permettent-elles parce qu’elles décodent les mythes socialement inculqués, d’appréhender les « règles du jeu » qui font que la position sociale de chacun est révélée jusque dans ses habitudes alimentaires ?

Je voudrais insister sur cette dimension des habitudes alimentaires, puisque le projet qu’il s’agit de commenter a permis à une vingtaine de femmes issues de l’immigration et en cours d’alphabétisation d’une part de développer des recettes et d’autre part d’en faire un livre, avec l’aide de nutritionnistes et d’autres types d’encadrants.

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Pourquoi un blog ?

Il y a de cela près de 2 ans, je fermais définitivement un blog personnel et me jurais que jamais, plus jamais, on ne m’y reprendrait. Mon constat était en effet plutôt amer : outre un bilan sous forme d’autocritique qui me fit me rendre compte de la pauvreté de certains contenus que j’avais mis en ligne, je dus aussi constater mon incapacité à trouver encore un intérêt à l’exercice.

Derrière le caractère fondamentalement exhibitionniste de ce genre d’outils de publication, il y a dans l’usage du blog une forme exacerbée de fascination pour soi-même, de narcissisme outrancier : ce que je pense me semble tellement intéressant que je dois en faire part à la terre entière. Plus encore, le format et l’habituation à « l’écriture web » poussent à la brièveté et donc à l’autocaricature de cette pensée dont l’auteur la croit à ce point digne d’intérêt qu’il se sent habilité à en faire étalage urbi et orbi.

Le web regorge donc de ce fast-thinking, cette pensée préformatée, réductionniste et exprimée avec le ton impérieux des statuts facebook et autres tweets. La brièveté du propos – et bien sûr, lesdits tweets sont en la matière des exemples paradigmatiques – va de pair avec le fait de surfer sur les codes dominants, de procéder par des assimilations parfaitement inculquées par l’idéologie dominante – par exemple, communiste-conservateur, marxisme-productivisme, science-progrès, écologie-environnement, virilité-bon politique…

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